Graffiti


GRAFFITI [grafiti] n.m. pl. (it. graffito, pl. graffiti; 1866).
1. Archéol. Ecrits, dessins tracés à la main par les Anciens, sur les monuments: Les graffiti de Pompei. - 2. (1920). Inscriptions, dessins griffonnés sur un mur: Des graffiti politiques, Des graffiti obscènes sont charbonnés à la porte des appartements (Proust).

Lexis, Larousse de la langue française, Paris, Larousse, 1979
 
 

Autre sujet abondant dans une zone industrialo-résidentielle:

le graffito


Certains sont de véritables oeuvres d'art, tandis que d'autres ne sont qu'autant de tentatives de «griffer» les murs de la ville de sa présence, avec plus ou moins de succès.

Partie de mur d'immeuble, avenue de Gaspé, entre les rues Saint-Viateur est et Bernard est, Montréal, été 1995

Suite du mur précédent...

Re-suite de mur...

Le moins que l'on puisse dire est que les tentatives ne sont pas toujours heureuses. Le graffito se distingue aussi pas son «éphémérité». Celle-ci n'est pas dans le fait de la durée de la peinture en tant que matériau mais dans la non-existence de l'oeuvre au-delà d'une durée plus ou moins longue, à moins qu'elle ne soit reproduite, comme c'est le cas ici. Le mur, bien que publiquement accessible, n'est pas du domaine public à proprement parler. La facade d'un immeuble peut faire l'objet de normes mais celles-ci ont rarement un sens esthétique, spécialement en zone industrielle où le mur ne saurait souffrir de ces atermoiements esthétiques! Ainsi, souvent, le graffito vient «embellir» le mur où il est appliqué. Le secteur textile du Mile End est d'une tristesse assassine. Le graffito vient lui donner un air de fantaisie, voire provoque une aire de fantaisie.

Toutefois, soit avec son accord, soit sans son consentement, l'artiste peut voir son oeuvre détruite par les propriétaires ou admistrateurs de l'immeuble qui procède au nettoyage ou au camouflage de l'oeuvre, soit par ses confrères «taggers» par accord ou non, soit par d'autres taggers qui se cherchent un mur et qui passent par-dessus «l'oeuvre précédente» sans plus de cérémonie.

De telles situations s'appliquaient et s'appliquent toujours à d'autres formes d'art. Ainsi, le peintre Frédéric Bazille a-t-il peint L'atelier de la rue Condamine par-dessus un nu que l'on attribue  à Auguste Renoir! Ce sont les rayons X qui ont permis de découvrir cette étonnante trans-action sur laquelle on pourrait longuement s'interroger. Nous pouvons présumer que Renoir n'était pas très heureux de son nu et que Bazille avait besoin d'une toile assez grande...et comme ils étaient bon copains...

  Tiré de L'art et la science, de Jean-Pierre Mohen, Découvertes Gallimard/Réunion des Musées nationaux, n° 299, Paris , Gallimard, 1996, p. 50

Ce «vol» plus ou moins consenti, selon les cas, se retrouve aussi en architecture. Un exemple récent de maquillage est celui qui a été opéré à la Chambre de la Jeunesse, sise à l'angle des rues Saint-Denis et Bellechasse à Montréal. Nous parlerons ailleurs de ce changement radical d'«image corporative».
 

Rarement consentis par les propriétaires d'immeubles, les graffiti donnent  tout de même un cachet qu'il n'aurait pas autrement.

Ces photographies ont été prises à l'été 97. Ces graffiti ont été recouverts d'une peinture rouge depuis lors, sans doute par les proprétaires de l'immeuble. Difficile de soupconner les «taggers» qui eux ne font pas dans l'uniformité...

Vue d'ensemble: ces graffiti étaient accolés à la facade sud de l'immeuble ILCO/Unican, facade qui fait face au chemin de fer du Canadian Pacific, le long duquel on retrouve aussi la piste cyclabe dite de la «ceinture verte» de l'ex-maire de Montréal, Jean Doré.

Une autre façon d'envisager le secteur et la morne tristesse qui l'habite consiste à donner un air macabre au lieu en exagérant les traits. Sur cette photo, on aperçoit à gauche l'immeuble dont il est question plus haut.

Cette phographie est tirée du photo-roman Vers le site
 
 

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